Texte " le chemin d'un traumatisme"

Le chemin d’un traumatisme

Une nouvelle partie a été rajoutée en GRAS le 21 octobre 2019.

Si ce texte vous questionne, essayer d'y répondre par vous même et si la question n'a pas trouvé sa réponse, posez la moi par mail et j’y réponderai dans les prochains textes, ça me permettera d'aller plus loin.

Ce texte peut réveiller des réactions selon votre niveau de conscience, je ne détiens pas la vérité. Ce que j’écris, je l’ai expérimenté. J’écris à mon niveau de conscience, je suis un être en évolution. Chaque jour, je prends conscience de quelque chose et le texte évolue. Lisez et vivez votre propre expérience, ne croyez pas ce que je dis. 

Le parcours d’un traumatisme, ses mécanismes, sa libération. Une réalité vécu sur une partie de ma vie.

Introduction

Victime d’un abu à l’âge de 6 ans, j’ai vécu en un après-midi la violence d’un abu. Comme ça vous le savez! Dans ce texte, j’ai besoin d’exprimer mon parcours en temps qu’abusé. Mon but est de sortir de l’ombre, d’exprimer mes étapes de vie, de permettre à d’autres personnes abusées ou ayant vécu un traumatisme dans leur vie d’oser faire un chemin de libération. Que ce texte les aide par mon témoignage à traverser leur difficulté. Il y a encore 1 enfant sur 5 qui est abusé à ce jour en Valais. Ce sont des secrets bien gardés. Une honte, un sentiment de culpabilité plane sur cet acte. Je pense que tant que cet acte est protégé par le silence, les abusés seront toujours dans une souffrance et les abusé abuseront d’un enfant et ce schéma continuera. J’aimerais mettre en lumière ce schéma afin qu’un jour des abuseurs et des abusés qui se trouve dans une culpabilité incroyable puissent commencer un cheminement de libération. Dans ce texte, je ne parlerai pas de l’acte en lui-même, mais de tout ce qu’il a créé chez moi. Comment j’ai vécu avec et le processus de libération que je vis. J’aimerai faire le lien avec le traumatisme et certaines maladies ou comportement. Ce texte est une nouvelle étape pour moi.

 

Ma vie en résumé

J’ai toujours eu un trou noir, je ne me souvenais plus d’une partie de ma vie. J’ai toujours eu de la peine, j’étais le garçon le plus gentil du monde. J’ai eu de la peine à savoir qui j’étais. Je suivais toujours les autres. Je me sentais pas bien dans ma peau et on me disait c’est l’adolescence. A 18ans, j’ai commencé à boire et l’alcool me faisait sortir de ma timidité, je devenais quelqu’un avec l’alcool, alors j’ai bu, beaucoup bu, je me sentais vivre et je n’étais plus dans mes problèmes, c’était magique. Après, j’ai fumé des joints, trop bien, je pouvait oublier mon malaise qui grandissait. J’ai encore plus fumé jusqu’à ce que le mal aise deviennent trop grand. Le mal aise grandissait et je ne voulais pas m’en occuper. J’ai passé de sales années, complètement déconnecté de moi. Je n’avais plus d’émotion, je ne ressentais plus rien, coupé de tout. Je ne me reconnaissais plus. J’ai eu des pulsions qui me demandaient d’abuser d’enfant, de me suicider. Je ne comprenais pas ce qui se passait.

J’ai tout essayé pour me sortir de cette impasse. Mais un jour, j’ai craqué, je n’arrivais à rien dans ma vie. J’avais l’impression de vivre avec un boulet au pied. J’étais incapable de me sentir bien, incapable de vivre dans cette vie, dans ce monde, aucun projet n’aboutissait. J’ai sombré durant quelques années, ne pouvant plus me relever. J’ai commencé du développement personnel afin de faire le ménage. Je voulais absolument m’en sortir de ce merdier. J’y ai mis toute mon énergie, à me libérer, à introspecter, à me pardonner. Ça commençait à aller mieux, j’étais bien entouré, je revivais.  J’avais compris comment, je pouvais me libérer de chaque partie de moi en souffrance. Un long chemin m’attendait… Après 10 ans de développement personnel, j’ai retrouvé des images de l’abu. J’ai ressenti les peurs, la violence de l’abu. J’étais prêt à aller le voir, à rouvrir la porte. J’ai commencé une nouvelle thérapie, car s’était trop fort pour que je puisse revivre tout ça seul. J’ai été accompagné par un groupe avec d’autres abusés. Il m’a fallu du courage, pour oser aller dire à une première personne, j’ai été abusé enfant. L’abuseur m’avait dit que si je disais quelques chose, il me tuerait avec son arme. Lorsque j’ai été dire, j’étais persuadé qu’il allait me tuer. Je l’ai dénoncé auprès du ministère public, je ne voulais plus porter la responsabilité de ses actes. L’abuseur m’a fait tellement peur, que je n’ai pas oser en parler à personne. Pour survivre, j’ai dû enfouir le traumatisme au fond de moi et le faire garder. Le cataclysme qui s’est produit en moi et son silence, m’a persuadé que c’était de ma faute. J’ai porté la responsabilité et la culpabilité de cet acte durant toutes ces années. J’ai vécu toutes ses années en partie hors de mon corps, dans l’impossibilité de l’habiter entièrement afin de ne pas sentir l’abu.

Je ressens « l’enfant abusé »qui est terrorisé, cassé, en insécurité et toujours bloqué dans son cauchemar.

 

Mon école de thérapeute

Je pense que beaucoup de personnes ayant vécu un abu, soit se retrouve avec de gros problèmes psychiques ou ils finissent par se suicider.

Après avoir été abusé, mon mécanisme de survie a tout enfoui au plus profond de moi. Je n’ai plus pu être cette partie de moi, je me suis coupé d’elle. La douleur, le mal être était là, j’ai vécu avec jusqu’à 18ans. Après, l’alcool et le cannabis m’a permis d’échapper à cette souffrance. J’ai vécu comme un dédoublement de ma personnalité, la partie souffrante prenait toujours plus de place.  La partie abusée, je ne la gérais plus, je la subissais, coincé dans l’abu.

Après, j’ai eu besoin de trouver des moyens pour me sentir mieux et j’ai commencé une thérapie. J’ai appris durant 10 ans comment je fonctionnais, j’ai appris à me guérir, à aller dedans mes blessures, à revivre les émotions bloquées en moi. J’ai suivi énormément de cours et de formation, J’ai amassé un maximum d’outils et j’ai utilisé ceux qui me convenaient le mieux. Comme la Roue de Médecine, l’écoute centrée sur la personne de Carl Roger, le Cours en Miracle. J’ai appris tout ce que j’avais besoin pour pouvoir oser y aller et lorsque j’étais prêt, j’ai pris conscience de l’abu, la porte s’est rouverte.

 

La découverte du traumatisme

J’ai commencé à voir des images, à retrouver des ressentis, à revivre des scènes de l’abu. Mais, j’étais prêt à les revoir. Tout était là en moi…j’avais des fois le doute de me demander si je me racontais pas un film. Mais, ce que je ressentais dans mon corps était bien réel. ça été un moment avec beaucoup de larmes, toutes les larmes qui étaient restées en moi pouvaient enfin s’exprimer. Il m’a fallu beaucoup de courage pour accepter de revivre toutes ces émotions. En faite s’est le seul choix que j’avais pour aller mieux. De vivre sans oser aller revisiter son traumatisme est la chose la plus difficile, parce que la souffrance est toujours là et je crois que je peux ne plus la sentir. J’ai toujours tout fait pour la fuir et surtout ne plus la ressentir. Mais en allant dans l’abu, j’ai retrouvé tout ce qui m’a fait souffrir, c’est un peu de la folie d’aller là ou ça fait mal. Je l’ai vécu une deuxième fois mon traumatisme. La deuxième fois, j’ai choisi de le revivre. C’est moins douloureux que la première fois, comme quand vous vous plantez une épine dans la main. Quand on retourne c’est comme quand on retire l’épine. ça fait mal et après ça soulage;)Et tout mon être, tout l’univers est là pour me soutenir et m’aider à le traverser.

Au fur et à mesure, je ressens les parties du traumatisme, les unes après les autres. Chaque partie est présente dans mon quotidien où le quotidien me permet de faire émerger mes émotions et je peux m’en libérer. Voir texte sur mon site « Monde de séparation ».

C’est un long travail, ça demande beaucoup de temps. C’est tout un bloc qui a été fermé pendant de nombreuses années. J’y vais par étape, je ne peux ressentir et libérer de suite. Autrement, si je veux aller trop vite, l’émotion le ressenti est insupportable et je le retourne contre moi. Je revis la scène de plein fouet et me blesse à nouveau. Comme si vous avez peur du vide et vous allez au sommet d’un immeuble, ça risque d’amplifier. Je revis chaque scène, chaque émotion, chaque ressenti à dose homéopathique. Je vais décortiquer le traumatisme.  Si je vais trop vite, je me refais du mal et je ne veux plus. Au début, je le vivais tout le temps. Le traumatisme prenait toute la place. Les émotions étaient fortes, Je pouvais pleurer durant des heures, ressentir la peur me paralyser, la honte m’empêchait de parler. Pour cette première étape, j’ai suivi une thérapie de groupe avec l’association « Faire le pas », afin d’exprimer ce qui avait besoin de sortir. Je n’ai pas pu aller très profond, mais ça été une première étape. Tout dans ce monde me faisait ressortir une émotion de l’abu. Une personne qui me parle un peu fort me met dans la peur de l’abuseur.  Je ferai tout pour garder une relation avec quelqu’un de peur de me retrouver seul et abandonné.  Si je fais quelques choses de faux, je me sens coupable et je crois qu’on va me punir et me faire du mal. J’avais peur de sortir de chez moi, au cas où quelqu’un me fasse du mal.

 

Les parties du traumatisme

Mes réactions face à l’abuseur

Au début que j’ai revue l’abu en moi et su qui m’avait abusé. Je voulais lui faire payer, lui faire du mal, le torturer, le tuer. J’avais une telle rage contre lui de m’être fait avoir comme ça. J’avais un sentiment de trahison.  J’ai eu très peur de le recroiser au début. Après je voulais lui démonter la tête. Il a fait ça à un enfant démunit, ça m’a mis dans une telle révolte. Puis, je l’accuse d’avoir pourri ma vie, il a tout détruit en moi. Il y a un sentiment de colère et de peur. Après, je suis passé à la grande peur que j’ai de lui. J’ai pris la responsabilité de ce que j’avais vécu. Un beau matin, j’ai vu un reportage à la télé sur des abuseurs qui témoignent de leur enfer, c’était un reportage sur l’association l’Ange bleu qui fait un travail remarquable. Quand c’est possible, elle permet à des groupes de se rencontrer avec des abusés et des abuseurs. Le témoignage de chacun, touchant et réparateur pour les deux cotés.

La prochaine étape, quand je serai prêt, j’aimerais le rencontrer.

 

Le corps, l’émotion et le mental

Les émotions sont bloquées en moi, je n’ai pas pu les exprimer.  Maintenant et depuis que j’ai découvert l’abu, c’est tout un travail. Je porte mon traumatisme chaque jour avec moi et je revis certaines émotions déclenchées par mon quotidien. J’utilise cela pour me permettre de faire un nouveau contact avec l’émotion. Après, je prends le temps chez moi de la reconnecter, de la revivre et de la laisser se libérer. C’est très fort, je suis souvent démuni, c’est difficile de retourner, là où j’ai souffert.  J’identifie l’histoire et l’émotion de l’abu dès que j’ai du temps, je demande du soutien au monde spirituel et je décide de traverser cette partie de moi en souffrance jusqu’à ce qu’elle soit libérée. C’est toujours très fort au début quand je la redécouvre et ensuite ça s’atténue au fur et à mesure que je la recontacte. Quand c’est trop intense, je demande à mes guides de m’aider. Il y a aussi les systèmes utilisés en thérapie où le thérapeute demande de fixer le doigt avec les yeux et il se déplace de droite à gauche. Je le fais sans le thérapeute et ça me soulage instantanément l’émotion, c’est le système EMDR.

Pour le corps, c’est une expérience ni bien, ni mal, il enregistre les sensations. Chaque fois que je me trouve dans une situation ou un détail qui me rappelle l’abu, je suis dedans !

Pour le mental, c’est un traumatisme et il se coupe de lui. Il l’enfoui, se protège de lui. J’ai vécu une partie de ma vie uniquement dans le mental, comme la seul solution pour survivre. J’étais coupé du corps et de mes émotions, plus aucune émotion et le mental en survie maximal.

Mon rapport au corps

Je voyais le corps comme un objet, Je me suis senti l’objet sexuel de l’abuseur. Ma valeur en a pris un coup, je me suis senti comme une merde, un déchet sans plus aucune valeur, plus d’estime de moi. Durant ma vie, mon corps ne m’appartenait pas, il était souillé, sale. Je me suis senti détaché de lui. Mon mental commandait le corps, je me foutais de ce que je ressentais, une grande cassure entre l’esprit et le corp. Je ne sentais plus mon corps, il m’était impossible de ressentir le traumatisme.

 

Le secret et le silence

J’ai gardé et porté le secret durant 35 ans, tellement ça été violent. Une fois abusé, rendu coupable et menacé de mort, je me suis trouvé tout seul, seul avec tout ça, sans pouvoir rien faire avec. Dans une totale incompréhension, J’ai interprété la situation comme je le voyais avec mes yeux d’enfant. J’ai dû me protéger en enfouissant tout ça en moi. J’ai dû me protéger pour que je ne revive pas la même situation. J’ai du contrôler tout mes gestes, mes émotions, cacher cet acte auprès de ma famille, ne rien laisser transparaitre. Autrement, si quelque chose se savait, l’abuseur me tuerait. De publier ce texte est encore un pas pour moi.

 

La honte et la culpabilité

La honte et la culpabilité m’ont tenu longtemps dans le secret. Je ne comprenais pas pourquoi on m’avait fait vivre un tel acte. J’ai pensé que j’avais fait quelques choses de mal (sans le savoir) et l’on m’avait puni. Ce qui m’a mis dans un sur contrôle de tout ce que je faisais, par peur qu’on me refasse vivre une autre fois l’abu. Une grande peur est encore présente. La culpabilité de croire qu’il a réussi à posséder le pouvoir du père.

 

Le sentiment d’abandon, la peur d’être seul

Dans l’abu, je me suis senti abandonné par ma famille.  Seul et sans moyen de défense, le piège. Quand je me trouve seul chez moi, j’ai encore peur aujourd’hui d’être abusé. Alors je visite cette peur. J’allume la télé, je trouve des stratégies pour éviter de me retrouver dans ce sentiment qui est encore présent et qui se dissipe gentillement. 

 

La peur de mourir

Je me sens figé par la peur, lorsque je vis quelque chose qui ressemble à la manière dont j’ai vécu mon abu. Je me sens de suite dedans la terreur. J’ai perdu confiance aux adultes. J’ai peur de sortir de chez moi. J’évite tout ce que je peux pour ne pas revivre ça. Ma peur de mourir m’a amené jusqu’à une allergie aux abeilles, certains insectes, crustacés, Je me sentais en danger de mort et un insecte qui me piquait, je partais dans un délire ou j’étais persuadé que j’allais mourir. Je vivais l’insécurité. A chaque fois que je me faisais piquer par un insecte et devenais allergique, je vivais une situation qui me rappelait l’abu.

Cet exemple montre comment le traumatisme agit à travers une maladie, comme l'allergie:

- j’étais en voilier seul avec le skipper dans les Caraïbes. Le skipper se promenait nu sur le bateau. Nous étions seul dans une crique. J’expérimentais mon premier voyage seul, j’étais dans mes peurs d’abu et bien là, je me suis fait piquer et j’ai bien cru que j’allais mourir.

- J’ai été suivre un stage d’une semaine de développement personnel avec un groupe dans le désert et là au début du stage, un insecte m’a piqué et j’ai cru que j’allais mourir. C’est durant ces stages que j’ai commencé à parler de l’abu et bien dans ma croyance, si je parlais, il allait me tuer. C’était ancré en moi.

Pour les crustacés, qu’ils sont au fond de la mer sur la terre. Si je prend la symbolique du corps et des éléments, la limite entre l’eau et la terre ce situe au niveau du bassin de mon corps, le sexe et c’est là que se trouve l’abu, voilà ma compréhension. ces allergies se sont manifestées quelques années avant que je redécouvre l’abu et maintenant, je n’ai plus d’allergie. ces peurs commençaient à me rendre malade et le travail que j’ai fait sur la reconnexion avec mes émotions m’a permis de m’en libérer.

 

Le suicide

Le suicide aurai été pour moi une solution, une manière de me sortir de ce merdier. Quand j’y pensais, c’était la seule solution et la plus simple qui se présentait à moi. Tellement ma souffrance, ma détresse était profonde. Je ne blâme pas les personnes qui se suicident des fois le désespoir est si profond que c’est la seul solution pour ses personnes. Je me demande combien de suicidés ont été abusé enfant ? Mais il y a d’autres solutions, je pense que tout peut être guéri. Me voici comme preuve ! Dès qu’on décide de s’en sortir, tout ce met en place pour nous aider avec bienveillance.

 

Dire « Non » L’impuissance

Je n’ai pas pu dire « non », lorsque j’ai voulu résister et il m’a frappé. Il a sorti son arme et m’a dit que si je ne faisais pas tout ce qu’il me disait, il me tuera. Je n’ai rien pu faire, il m’a cassé. Je me suis rendu compte de la gravité de ce que je vivais. J’étais impuissant, je suis devenu son objet. Je n’ai rien pu faire, j’ai subi l’abu, j’ai vécu l’horreur. Tout ça j’ai dû l’enfouir en moi, les émotions, tous les mots qu’il m’a dit, j’ai les images, les odeurs tout à été enregistré et gardé en moi. A la fin, il m’a dit que c’était à cause moi, si j’ai vécu ça. C’est moi qui ai voulu ça. Il m’a donné la responsabilité et sa culpabilité et si j’en parle à quelqu’un, il me tuera. Voilà la boucle est bouclée. Je me suis retrouvé avec tout ça sans aucune possibilité de m’en sortir. Il m’a fallu 35 ans pour oser en parler. Mettre des frontières, ne pas me laisser envahir.

 

Le gentil garçon

J’ai la capacité de parler à mon enfant blessé ce qui est plus facile.

J’ai pensé qu’on m’avait puni parce que j’avais fait quelque chose de mal. J’ai tout fait ce qu’on me disait de peur qu’on me refasse du mal. J’ai été l’enfant le plus gentil du monde pour ne plus revivre ce traumatisme. Pour mon enfant c’est la grande confusion. Je ne pouvais faire la part du réel. L’enfant a été cassé, détruit ! il y a eu un avant et un après. Je ne reconnaissais plus qui j’étais terrorisé par la peur. J’ai vécu une incompréhension profonde, à me demander qui a voulu cela. Apeuré, je demande de l’aide à une personne sécurisante. Je n’arrive pas toujours à jouer le rôle d’adulte dans certaine situation et là, j’ai besoin d’un autre adulte pour jouer ce rôle. Et là, je deviens dépendant de l’autre. Pris par mes émotions, je ne trouve pas la capacité d’affronter un problème. Une fois l’émotion vécue une première fois, je peux me rassurer comme adulte et prendre ma place. Mon enfant a été trahi par l’adulte, alors la difficulté comme adulte est de petit à petit de lui redonner confiance. L’enfant pense que moi adulte, je lui veux toujours du mal, c’est tout un travail que nous faisons les deux.

 

La relation de couple

Je cherche toujours une mère qui me sécurise et j’ ai demandé à ma compagne de remplir ce rôle. J’y travaille. J’ai tellement la croyance que ce monde est insécure. Je peux passer une journée bien avec moi et un simple fait me rapellant l'abu et je me sens en insécurité.  Une maman ou tout autre substitue, comme les douceurs, la fusion avec l’alcool, il y’en a des substitues de par le monde.

 

Ma sexualité

La confusion a toujours été de mise. J’ai suivi une thérapie chez une sexologue pour clarifier ma sexualité. Si je me compare à une personne normal, ça va pas du tout. Mon premier rapport sexuel a été l’abu avec un homme et ce que comporte l’abu. 

J’ai vécu mon adolescence avec une attirance vers les filles clairement, j’ai eu une copine comme tout le monde, j’ai appris la sexualité. Mais, j’ai toujours l’abu qui est là, même si avec une fille je peux explorer ma sexualité et que je suis épanoui. Il manque certaine sensation que le corps a vécu qu’il a enregistré lors de l'abu. L’abus, c’est horrible et pour le corps c’est juste une sensation qu’il recherche à vivre.  Dans ma vie sexuel, j’ai eu besoin de retrouver l’intensité et une certaine violence, le non respect, la domination, tout ça comme dans l’abus. En revivant certaines parties de l’abu, j’ai pu me réapproprier l’acte et les revivre avec bienveillance. Je ne le subissais plus comme victime, je devenais acteur. Ca été une étape dans ma guérison. Après, j’ai pu accepter que s’était là, m’aimer comme je suis. Maintenant, j’ai besoin de le vivre différemment, de retrouver l’Amour et le respect.

 

La peur de reproduire

Avant de reprendre conscience que j’avais été abusé, le moment où ma vie était un enfer. J’ai eu des pulsions que je ne comprenais pas. J’avais assez de présence d’esprit pour dire « NON », je ne veux pas vivre cela. J’avais très peur que l’on découvre que j’avais de telles pensée en moi. J’ai vécu un combat contre moi-même. Je ne savais plus qui j’étais. Je me suis isolé, je ne sortais plus de chez moi, le temps que je puisse aller mieux. Je me suis senti très coupable d’avoir de tel pensée, en disant »NON», je n’ai pas fait le pas pour devenir abuseur. Ce schéma d’abuseur et d’abusé était très présent en moi et j’ai choisi de rester un abusé. Je n’ai jamais abusé d’un enfant et je n’abuserai jamais d’un enfant. J’ai réussi à interrompre ce schéma infernal et destructeur. Il faut beaucoup de volonté pour arrêter ce schéma d’abusé-abuseur. Je peux comparer à arrêter de fumer la cigarette ou quelqu’un de proche qui meurt.

Malheureusement, d’autres abusés n’ont pas assez de détachement, deviennent abuseur et créé l'horreur chez de nouvels enfants. Comme certainement mon abuseur. C’est très difficile de sortir d’un tel schéma. Je peux comprendre un peu ce que vivait mon abuseur. Cette culpabilité, je l’ai ressenti depuis l’abu, car durant l’abu qui est horrible, j’ai perdu mon innocence. Je pense que tout vient de là, la culpabilité et l’innocence. Dans la conscience collective, nous croyons que l’enfant est pur et innocent. L’enfant qui se fait abusé perd cette innocence et devient coupable. L’abuseur, pour ne plus se sentir coupable, choisi d’abuser d’un enfant afin de retrouver cette innocence, mais il s’enfonce dans la culpabilité. Dans mon cas, l’abuseur m’a rendu coupable d’avoir voulu l’abu. Il disait que c’est moi qui a voulu être abusé. Je crois que j’ai fait quelque chose de mal. Je porte cette culpabilité jusqu’au jour où je pense que le seul moyen de me sentir à nouveau innocent c’est d’abuser d’un enfant innocent.

Pour l'abusé, il perd son innocence et croit obtenir le pouvoir du père. Un besoin inconscient d'avoir une relation avec le père. Là ou il croit qu'il y a le pouvoir dans la connaissance, l'autorité, la spirituel!

J’espère qu’un jour des abuseurs puissent faire le chemin vers la guérison. Qu’ils puissent sortir de ce schéma infernal. Personne ne peut les accuser de continuer à reproduire ce schéma. Nous reproduisons tous des schémas de père en fils. Un enfant battu par son père va très certainement reproduire la même chose pour son propre fils. Mais maintenant, il faut dire stop! Il ne faut plus qu’un seul enfant soit abusé. Il faut surtout arrêter d’accuser les abuseurs. Tant qu’on le fera, l’abuseur se sentira coupable et il ne pourra reconnaître ses actes et faire un chemin de guérison, tout en veillant qu’il soit suffisamment encadré pour ne plus passer à l’acte. Il faut vraiment aider les abuseurs, se sont des humains en souffrance.  Ce que nous fessons maintenant, nous les accusons d’être coupables et les condamnons. Nous espérons qu’à leur sortie de prison, ils aient bien compris la leçon et n’abuse plus d’enfant. Rien n’est réglé comme ça ! Pour ceux qu’ils le souhaitent, ils ont besoin d’un suivi thérapeutique.

Il m’a fallu plusieurs années avant de pouvoir être seul avec un enfant en confiance, moi comme adulte j’étais terrorisé, je revivais l’abu en temps qu’enfant. Au début, je prévenais le parent et je lui demandais d’être présent, puis au fur et à mesure ma peur s’estompa, j’ai repris confiance en moi. Même des fois, si je me trouve en voiture avec un adulte, j’avais peur qu’il me fasse du mal et pourtant je suis costaud.

Regardez le témoignage sur le site de l’association « L’Ange Bleu »

 

La pensée créatrice

Je pars du principe simple, j’ai tout créé ce que je vis, j’en ai fait le choix.

Au niveau de la pensée créatrice, je suis très fort. Je peux avoir conscience des pensées du monde de séparation en me focalisant sur un point précis, comme l’Aigle.  J’ai pris conscience que à 6 ans, j’ai voulu avoir le pouvoir du père pour être aimé de ma mère et prendre la place du père. C’est pour cette raison que je me suis fait abusé et je crois avoir possédé le pouvoir du père. Je me suis positionné en victime pour ne pas être accusé. Mais, c’est ça que j’ai cru dans mon monde séparé (voir texte « le monde séparé), j’ai cru qu’avec le pouvoir, j’allais avoir la place du père et être aimé de la mère. Il y a aussi une notion de sacrifice du corps. J’ai sacrifié mon corps en me faisant abuser. En introspectant cette notion de sacrifice, je suis remonté au temps des sacrifices qui étaient occasionnés dans le monde. J’étais un grand prêtre à l’égal de Dieu, j’ordonnais des sacrifices d’humain ce qui m’a donné un immense pouvoir et une immense peur du père, car j’ai cru avoir pris sa place. Souvent dans un sacrifice comme je le pratiquais, je sacrifiais par peur de dieu, afin d’atténuer la colère d’un dieu. Cette croyance de cette vie m’est restée depuis ces temps et en arrivant sur terre cette fois-ci en 1973, elle était toujours inscrite dans mon esprit. Alors, j’ai cru dans cette vie qu’en me sacrifiant dans l’abu, j’allais avoir le pouvoir du père comme dans ma vie passée. J’ai caché l’abu au fond de moi durant toutes ces années aussi afin de me déresponsabiliser de ce que j’ai fait. Je cache et l’enfoui en moi, l’oublie pour pouvoir continuer à croire que j’ai le pouvoir et j’ai peur du père. Je crois dans ce monde séparé qu’en ayant le pouvoir, j’aurai l’amour.

 

Le lien entre le traumatisme et aujourd’hui

Je découvre et comprends chaque jour, un peu. Je vis certaines situations que je ne comprends pas et elles sont en lien direct avec l’abu. Elles se répètent et répètent, jusqu’à ce que j’en prenne conscience.  J’avance par étape…

Toutes les parties de l’abu sont là, certaines encore inconscientes et influencent mes choix, ma vie au quotidien. C’est du copier-coller. Je me suis enfermé dans ces pensées.

L’abu ce n’est pas seulement l’acte sexuel, mais tout ce qu’il a provoqué le « cataclysme » qui entoure l’abus que je décris ci-dessus.

Exemple :

Plusieurs fois dans ma vie, je me retrouve sans plus aucune relation comme si tout est coupé, je me sens seul et abandonné de tous. Dans l’abu, je me suis senti totalement seul et abandonné de tous. J’ai du me débrouiller tout seul avec mon secret. A ce jour encore, je me sens abandonné. Ayant fait le lien et pris conscience que s’est parce que j’ai vécu cela enfant que je reproduis ce schéma, je peux revivre l’émotion, me libérer et moins y croire.

 

Le schéma et la guérison

Je guéris le traumatisme sur divers plans, au niveau de la pensée créatrice. Au niveau de l’émotion qui n’a pu s’exprimer durant l’acte de l’abu. Et au niveau du corps, car tout a été inscrit. Il y a d’un coté l’enfant qui a subis l’abu, je n’ai jamais voulu ça. Mais sur un autre plan de conscience, une fois que j’ai traversé la blessure, je vois que je vis ce que je créer. Mais, c’est une fois que j’ai traversé.

J’y vais un pas après l’autre, la patience est de rigueur. C’est dur de retourner dedans, ce que j’ai fuit de toutes les manières possibles.  Je suis kinésique et je peux ressentir le corps, mais là, je vais avec douceur. Un jour, je vais dans le bassin, je ressens un peu de l’abu, j’ai l’émotion et un peu se libère. Dans certaines situations, je sens la peur, alors, je prends le temps de la visiter. Je fais du yoga et le yoga me permet de revenir dans le présent et le corps. Mais, j’y vais avec douceur. une fois, j’ai fait 2 heures de yoga et je me suis retrouvé dans la violence de l’abu et c’est destructeur pour moi. Je dois ressortir de cette partie du corps pour me sentir bien, autrement c’est insupportable. Les étapes sont importantes, de faire des activités qui me donnent du plaisir sont importantes. Mon enfant a besoin de s’amuser, de rire, de jouer. il a été brimé de tout ça.

 

L’enfant en moi est terrorise et petit à petit en tant qu’adulte, je le cadre, le sécurise, recréer un sentiment de confiance. J’ai appris et expérimenté dans la formation avec Carl Roger qu’une expérience négative comme la mienne  peut être transformée en expérience positive.

Par exemple : J’ai très peur de vivre un voyage à l’étranger seul, je sens l’insécurité, la peur de faire une mauvaise rencontre. Je suis donc parti seul au Québec. J’ai revécu chacune de mes peurs, mais elle ne se manifestait pas dans le monde. J’avais peur de rencontrer de mauvaises personnes de me faire agresser physiquement (comme l’abu) et bien je suis tombé que sur des personnes sympathiques, accueillantes et ma peur n’avait plus lieu d’être. J’ai vécu une expérience positive, j’ai vu qu’il n’y avait pas que des abuseurs. En plus, j’ai pu parler de l’abu à certains Amérindiens qui ont vécu la même chose dans leur internat.

Exemple :

Plusieurs fois dans ma vie, je me retrouve sans plus aucune relation comme si tout est coupé, je me sens seul et abandonné de tous. Dans l’abu, je me suis senti totalement seul et abandonné de tous, j’ai du me débrouiller tout seul avec mon secret. A ce jour encore, je me sens abandonné. Allant fait le lien et pris conscience que s’est parce que j’ai vécu cela enfant que reproduit ce schéma, je peut revivre l’émotion, me libérer et moins y croire.

Je revis exactement ce que j’ai vécu avec mon abu, je reproduit jusqu’à ce que je choisi de m’en libérer.

Les étapes : je revis quelques choses, comme le faite de me retrouver tout seul. C’est inconscient dans un premier temps et j’accuse les autres de m’abandonner, bien sûr! Du faite que je le projette sans cesse dans ma vie, (et d’accuser les autres ça ne marche pas du tout). Je décide d’en prendre la responsabilité, d’accepter que s’est moi qui créer mon histoire d’abandon. Et là, je peux commencer à prendre conscience.  Je tire sur le fils, je peux faire des liens avec l’abu que lors de l’acte, je me suis trouvé totalement seul et abandonné. En tant qu’adulte, je reprends ma responsabilité dans l’abu, ma part de responsabilité. La frontière est délicate, dans ma responsabilité en temps qu’adulte, explication décrite ci-dessous.  Je reste dans mon axe, je vais voir en moi cette blessure, je traverse l’émotion, les mémoires du corps, je tire sur le fils et la pensée créatrice créer le faite de me retrouver tout seul.

 

Les plans de conscience

Je guéris le traumatisme sur divers plans, au niveau de la pensée créatrice. Au niveau de l’émotion qui n’a pu s’exprimer durant le l’acte de l’abu. Et au niveau du corps, car tout à été inscrit. Il y a d’un coté l’enfant qui a subis l’abu, je n’ai jamais voulu ça. On m’a souvent dit : en tant qu’enfant, tu as été victime de l’abu. Mais sur un autre plan de conscience, une fois que j’ai traversé la blessure, je vois que je vis ce que je créer. Mais, c’est une fois que j’ai traversé la blessure. Si je me dis avant que je suis responsable de l’abu, je m’auto-flagelle, je m’accuse et ce n’est pas ça. Plus simplement, je suis responsable de ce qui est en moi. Je reste dans mon axe, en tant que victime j’accuse l’autre et je me sens décentré. Mes émotions, mes schémas, mon histoire personne me la mis ou me demande de la garder. J’ai enregistré au niveau du corps, des émotions et du mental les différents événements de ma vie et j’en suis responsable. Ce n’est pas la vie qui m’a fait vivre, c’est moi qui les ai vécu comme ça. Si je le décide, je peux faire le chemin de retour ou inverse en prenant la responsabilité, une par une de ce qui est là aujourd’hui. Je me sers de la vie, du monde pour prendre conscience, pour revivre les émotions, reconnaître mes histoires.

L’hyper-sensibilité

Je suis ultra ou hyper-sensible, je le sais depuis longtemps, mais je n’ai jamais été plus loin pour comprendre cet état. J’ai lu le livre de Charlotte Wills, itinéraire d’une ultrasensible. Elle explique sa vie et j’ai vu une similitude avec la mienne. Elle a vécu un traumatisme à l’âge de 6 ans et n’a pu en parler à sa famille. Ce qui a créer chez elle une perte de l’insouciance. Une perte de confiance avec sa famille, elle appelle cela le faux self. C’est ce qui s’est passé pour moi. Une perte de confiance en ma famille et pour survivre, j’ai développé une ultra-sensibilité afin de sentir le danger, de survivre, de m’adapter à ma famille pour ne pas me sentir rejeter, j’étais ce qu’il voulais, je me suis retirer, renfermé pour ne compter que sur moi-même. Dans le livre, elle explique les différentes stratégies de survie mis en place par l’hyper-sensible comme l’adaptation, le retrait, l’imitation, la protection. Cette hyper-sensibilité m’a beaucoup fait souffrir, je me sens très différent des autres enfants, sans vraiment savoir pourquoi. J’ai de la peine à savoir qui je suis, ou sont mes limites, je n’ai que peut de construction du »moi ». Ce livre m’a beaucoup aidé à me comprendre, à identifier ma différence et à accepter ma sensibilité. J’ai choisi de vivre cela d’être sensible, c’est pour une bonne raison. J’ai accès au monde des Esprits, j’ai développé des outils de perception incroyable. Je suis heureux d’être comme cela.

La machine à laver

Je tourne en boucle dans un système, c’est ma boucle infernale. Il est encore difficile à sortir de cette boucle, je reproduis sans cesse les mêmes comportements à chaque fois que j’essaie de m’en sortir, je replonge. J’ai trouvé un moyen de me faire abuser sans faire de mal à personne sauf à moi.  Je reproduis en abusant encore mon propre enfant, en me fessant abuser j’abuse mon enfant. Je fais tout pour me sortir de cette boucle, mais il y a toujours un moment ou je crois que je n’ai pas le choix de me faire abuser. Si je n’obéis pas à mon abuseur, je serai en danger. Ma peur de lui est tellement grande et ancrée en moi que je n’ose pas décider autre chose. Et je me refais abuser en espérant que si je fais ce qu’il dit, je serai vivant, il m’a dit que si je ne fais pas ce qu’il dit, il me tuerai. C’est de la survie…Je crois quand revivant l’abu, je serai en paix, aimé, je reproduis ce schéma sans cesse. Je revis cela dans un contexte qui déclenche cette boucle. Lorsque j’ai vécu une journée avec une équipe et que je rentre à la maison, je me retrouve seul, abandonné, je ressens l’insécurité. Je cherche par tous les moyens de trouver des contacts, soit en regardant la télé, en répondant au portable. Dans ce sentiment d’être seul, abandonné, rejeter que je crée. Je me retrouve dans la même situation que lorsque j’étais chez l’abuseur enfant et que je n’ai pas eu le choix de faire ce qu’il me dit. J’arrive avec de nouveau outils, avec une détermination que je ne vivrai plus cette situation, je dis non à ce processus de boucle, J’y arrive quelques jours, semaine et j’ai à nouveau cette peur qui refait surface et je perds tous mes moyens, je n’arrive pas à résister. La peur est tellement grande que je n’arrive à décider autrement, je me fais envahir et mon seul moyen de m’en sortir est de me faire abuser. Mais je retourne dans la boucle, mais à chaque fois, je me libère un peu plus de la peur et c’est toujours moins fort. J’ai confiance qu’un moment donné, je la traverserai et je me libèrerai.

 

Relation

Une relation a été créée avec l’abuseur, cette relation est basée sur l’acte que j’ai vécu et le secret à celer cette relation. Je n’ai pas eu de sauveur, personne n’est venu m’aider. Je me suis vue souvent prendre la défense de l’abuseur. Je vais jusqu’à nier le faite qu’il m’ai fait du mal, pour m’en sortir dans ma vie, je cache la réalité de l’abu. Je pense qu’il m’a aimé, que ce n’est pas de sa faute s’il a été comme ça avec moi. Je cherche toujours à trouver de l’amour dans cet acte, comme si la blessure d’avoir été un enfant objet et non aimé, non respecté par lui est trop forte. J’aimerai qu’il m’ait aimé…

Dans le triangle infernale, victime-bourreau-sauveur, j’ai été victime d’un bourreau, un homme adulte symboliquement (le père). Je me suis enfermé par le secret dans le rôle de victime. Je pense quand étant victime, j’accuse le père de m’avoir abusé, je le rends coupable et en le rendant coupable, j’ai son pouvoir. Dans ma croyance, enfant j’ai voulu avoir la place du père (le pouvoir) pour avoir la mère(l’amour), j’ai voulu maman pour moi tout seul. En accusant le père et en restant victime, je crois que j’ai l’amour. Que je prend la place du créateur sur terre, c’est de là que vient ma culpabilité, la culpabilité et la honte d’avoir été abuser. Parce que je crois avoir eu le pouvoir du père, mais j’ai tellement peur de ce pouvoir que je le cache et je le donne à la mère. Il y a dans la mytologie Grecque, une histoire qui dit que la mère donne en secret la faucille au fils pour qu’il castre le père, l’histoire de CRONOS.

Je pense que cette culpabilité me fait nié cet acte. Je me sens coupable d’avoir joué ce jeu, d’avoir accusé le père, voulu avoir son pouvoir et posséder le pêre. Je garde la relation pour posséder le père, posséder son pouvoir. C’est pour cela que je tourne dans ma machine à laver sans cesse. Si j’arrête, j’ai l’impression de tout perdre. Le secret m’a servit à ne pas être vue, à pouvoir cacher mon jeu. Il m’a dit si tu parles, je te tue, alors j’ai tué l’enfant( l’innocence) et j’ai gardé le pouvoir. Dans ma machine à laver, elle me permets de garder cette relation, à chaque fois que je me refais abuser, je reconfirme l’acte et je confirme que je possède le père. Il y aun moment ou je vais lâcher et pour ne pas lâcher ce pouvoir, je revis l’abus. Comme exprimé ci-dessus, j’ai la peur qui me bloque, je pense que s’est la peur de Dieu et la culpabilité d’avoir joué à ce jeu. Je parle de cette peur du père dans un texte.  La peur de l’abuseur et la peur du père est la même peur.

La fin du rôle de victime et de son enfermement

Je crois que ce rôle me sert encore, j’ai peur d’être vraiment aimé si je le lâche. Je suis enfermé et seul dans ce rôle dans cette machine « enfer-nal ». Je crois qu’en lâchant, je vais tout perdre, perdre la relation que je connais avec le père et la mère, perdre mon pouvoir. Je me suis sacrifié pour l’avoir, j’ai sacrifié l’enfant et son innocence. Perdre ma relation particulière avec eux.  Je me sens enfermé dans la chambre avec l’abuseur, je sens que tout le monde est là, lorsque je lâcherai mon rôle, je les retrouverai. Je décide de vivre, je choisi la liberté, la vérité, la relation sainte, juste avec le père et la mère. J’accepte d’être le fils et être aimé.

 

Les thérapies

L’espoir, il y a toujours de l’espoir. Nous avons tous les capacités à guérir.

Chaque thérapie est utile pour une étape et il faut les respecter.

J’ai voulu dans la plus grande partie de ma vie me guérir tout seul, je devais pouvoir m’en sortir tout seul, mais c’est pas possible! J’en ai fait les frais, je n’y suis pas arrivé seul. J’ai demandé de l’aide à des thérapeutes et j’ai eu tout ce que j’avais besoin pour m’aider, tout! J’ai décidé de tout guérir, de traverser tout le traumatisme. Et tout ce mets en place pour que je puisse le vivre. C’est une décision, des fois, c’est plus facile de rester dans son mal être que de décider de vivre autre chose. Et c’est possible de vivre autrement, cela dépend de moi.

J'ai conscience aujourd'hui que le schéma de l'abu était dans mon plan d'égo, j'ai dû le vivre pour en prendre conscience. Dans ce chemin de libération, je lui ai pardonné de m'avoir fait vivre ça et surtout, je me suis pardonné " par donné" d'avoir vécu ça. Je peux dire aujourd'hui que grâce à l'abu, je suis devenu la personne que je suis. Je me suis enrichi de cette expérience. 

 

Voici quelques thérapies que j’ai eu besoin :

La médecine

J’ai vu un psychiatre qui voulait me donner des médicaments et j’ai refusé. Les médicaments peuvent aider un moment donné, si la personne a besoin de respirer un peu que les pensées se calment pour qu’elle puisse reprendre des forces. Ou quelle ne gère plus rien, quelle est trop prise dans son délire.  Le travail psychologique comme je le vois est bien sur un plan. Après il faudrait diminuer les médicaments avec l’accord du médecin et en accord avec soi même et son processus. Revivre des émotions plus profondes à travers le corps, libérer ses émotions bloquées, non exprimée dans le corps. Respecter votre propre rythme.

 

Psychologie-spirituel

J’ai suivi les enseignements du livre « un cours en miracle », ses compréhensions m’aide encore aujourd’hui  à me détacher des émotions et de la réalité de l’histoire vécue. Il me permet de me libérer plus facilement du traumatisme.

 

Psychologue

J’ai vu durant 6 mois, un psychologue, sexologue, Hypnotiseuse, thérapeute ACP Ecoute centré sur la personne. Cette psychologue m’a beaucoup aidé au moment où j’en avais besoin.

L’écoute active centrée sur la personne selon Carl Roger

Un psychologue ayant fait la formation d’écoute active pour moi c’est de l’or. L’écoute active permets à la personne de trouver par ses propres moyens, les solutions a sa problématique. C’est de l’or ! J’ai pu reprendre confiance en moi et voir que même dans un merdier, j’ai les solutions en moi pour m’en sortir. L’écoute permet aussi d’une expérience négative, de la voir comme positive. J’ai suivi la formation du 1er niveau.

 

Groupe de parole « l’association ESPAS »

Ca m’a été très utile de m’ouvrir à l’autre, de voir chez l’autre les mêmes schémas. J’ai pu m’exprimer des parties que je gardais par honte. J’ai pu être accueilli par l’autre sans être jugé.

 

le yoga

M’a permis de refaire le lien corps et esprit, d’intégrer mon corps, de revivre les émotions bloquée et de me sentir plus ancré.

 

La méditation

Je pratique une méditation que j’appelle « introspective » qui me permet de visiter mon corps, les douleurs physique et psychique. De guérir sur le plan mental, émotionnelle et physique. D’introspecter les émotions visitées dans la journée. De décider de visiter tel schéma qui se répétait.

 

L’ostéopathe

Il y a de très bon ostéopathe, m’ont permis de lâcher tout une série d’histoire et émotion. J’ai rencontré un ostéopathe à Lyon spécialisé dans l’abu avec qui j’ai fait du bon travail.

 

La technique EMDR

Je la pratique seul, mais il y a des Psychologues qui la pratique dans leur thérapie

 

L’hypnose

J’ai pas essayé, mais je pense que c’est bien. Pour changer certaines pensées, émotions par d’autres plus rassurante. Je pratique cela en Chamanisme.

 

Bio résonnance, constellation familiale. Toutes les techniques qui permettent de revivre les émotions à travers le corps.

 

Le chamanisme m’aide énormément en ce moment.

J’ai vécu un rituel de 9 huttes de sudation qui m’ont beaucoup aidé à aller dans chaque partie de mon traumatisme, de revivre mon émotion bloquée depuis mon enfance et de m’en libérer.

 

Yann 

Last modified : 5/20/2019 10:46:58 AM

Yann Troillet

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